Littérature

Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /2008 15:05

undefined Sur l'ile de Guernesey (Sarnia en latin), de 1880 à 1960, Ebenezer Le Page, le héros de ce livre, tient  son journal dans des cahiers d'écolier. Il nous fait connaître son travail de pêcheur et de maraîcher, ses amours, ses amitiés, ses relations avec sa famille et les habitants. 
Il aime Guernesey - Il n'a jamais voyagé, il est seulement allé une fois à Jersey pour un match de football. Il déteste cette île voisine et encore plus l'Angleterre.
On sourit souvent devant ces jugements sans pitié, ses colères, sa susceptibilité.  Etant profondément honnête, il sait reconnaître ses erreurs. Nous endurons avec lui l'envahissement du pays par les Allemands lors de la dernière guerre.
On est ému par ses relations chaleureuses avec sa soeur Tabitha, son ami Jim. 
A la fin de sa vie, il a tendance à être passéiste et à considérer que tout ce qui existait dans sa jeunesse  était  beaucoup mieux. Le modernisme et le tourisme ne trouvent pas grâce à ses yeux.
Ne soyez pas rebuté par l'épaisseur du livre (600 pages), prenez le large, et rejoignez Ebenezer sur cette ile anglo-normande. Il  vous fera prendre conscience du bonheur d'être vivant.
G.B. Edwards n'a laissé que ce roman, ayant demandé de détruire tous les autres écrits à sa mort. Originaire de Guernesey, il fut professeur de littérature en Angleterre. Sarnia fut considéré comme une oeuvre de génie par le prix Nobel de littérature William Golding et par Maurice Nadeau qui fit paraître l'édition française.

Extrait : "La Tabby, comme on appelait ma sœur, était mise au lit tôt le dimanche soir, et ma mère se rendait toute seule au service du soir. Dès qu’elle avait passé le portail, mon père disait : « Viens, fiston, on va faire l’école buissonnière ». Et on allait dans l’appentis derrière, en prenant la lampe s’il faisait noir. Il y rangeait ses burins, ses marteaux et sa scie, le bois, la colle et la ficelle. C’était durant ces dimanches soirs qu’il m’apprenait à fabriquer des cerfs-volants. J’ai toujours eu le meilleur cerf-volant de tous ceux que faisaient voler les garçons dans l’Ancresse Common ; et tout le monde savait que c’était le mien, parce qu’il était couvert avec le papier rose du « Police Budget » et toutes ces femmes égorgées s’envolaient haut dans les airs. Lorsque ma mère rentrait, on était tous les deux de nouveau dans la maison, assis comme deux anges de chaque côté de la cheminée"...


"Je n'aimais pas les Français, et je je crois que la majorité des gens de Guernesey partageaient ce sentiment. Je les trouvais sales. Ce qui est sûr, c'est que personne n'aurait pu dire que Fountain Street, Rosemary Steps et tout ce quartier, où la majorité des gens sont français, étaient une partie propre de la ville. J'aimais la "Marseillaise". C'est le seul hymne national que j'ai aimé entendre pendant la guerre. Il vous donnait envie d'aller vous battre. "God save the King" était une marche funèbre. En tout cas pendant la fête de Victor Hugo, j'ai lié d'amitié avec un jeune français et ensuite, j'ai trouvé que les Français n'étaient pas si mal que ça, après tout."....

Par Kate - Publié dans : Littérature
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /2007 16:17

jonathan.jpg Entrez dans l'univers d'Oskar, un petit garçon de neuf ans, qui a perdu son père dans les attentats du 11 septembre à New York. Un an après, il découvre une clé dans les affaires de son papa et part à la recherche de la serrure correspondante. 
Ce livre est d'une originalité incroyable : originalité de l'histoire, de l'écriture, de la présentation du texte et bien entendu des personnages. Oskar est brillant, tout l'intéresse. Il invente des projets, correspond avec des scientifiques, collectionne des tas d'objets. Sa grand-mère paternelle tient une place prépondérante dans sa vie.
 A lire également son premier roman "Tout est illuminé" qui avait déjà connu un grand succès.
Extrait :
"C'était mon grand projet. Je passerais mes samedis et mes dimanches à aller voir tous les Black pour apprendre ce qu'ils savaient de la clé dans le vase du dressing de papa.... Bien sûr j'aurais voulu parler à maman le soir où j'ai décidé de me mettre en chasse de cette serrure, mais je ne pouvais pas. Ce n'était pas parce que je pensais que j'allais m'attirer des ennuis pour avoir fouillé, ni que j'avais peur qu'elle soit fâchée à cause du vase, ni même que j'étais fâché contre elle"....

Par Kate - Publié dans : Littérature
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /2007 11:31

acces-direct----la-plage.jpg Pendant les vacances d'été, sur 4 plages différentes (CapBreton, Hyères, Perros-Guirec et Arromanches), nous allons à la rencontre de couples, de célibataires, de familles. L'auteur donne la parole à un personnage pendant quelques pages et puis c'est un autre qui nous raconte son bonheur, ses désirs ou ses craintes, ses colères ou son ennui, son drame. L'intérêt c'est que toutes ses histoires s'imbriquent d'une manière incroyable sur une période de trente ans. Que fait-on de sa vie ? Pourquoi ce chemin ? Un choix ou le hasard des rencontres ? Nous nous sentons concernés. N'a-t-on pas nous aussi vécu ces vacances ? N'avons-nous pas côtoyé cette famille ? N'avons-nous jamais dit "le monde est vraiment petit" ?

Extrait : Je vais à la plage très tôt. A sept heures, il n'y a personne. Je croise quelques pêcheurs qui vont embarquer mais la plupart sont déjà partis. Les commerçants se font livrer. Ils ne font pas attention à moi. C'est ce que je veux. Je porte des pantalons de toile, des espadrilles noires, un chemisier très ordinaire. je suis Danièle Girard. Je suis en vie.

Par Kate - Publié dans : Littérature
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