Sur l'ile de Guernesey (Sarnia en latin), de 1880 à 1960, Ebenezer
Le Page, le héros de ce livre, tient son journal dans des cahiers d'écolier. Il nous fait connaître son travail de pêcheur et de maraîcher, ses amours,
ses amitiés, ses relations avec sa famille et les habitants.
Il aime Guernesey - Il n'a jamais voyagé, il est seulement allé une fois à Jersey pour un match de football. Il déteste cette île voisine et encore plus l'Angleterre.
On sourit souvent devant ces jugements sans pitié, ses colères, sa susceptibilité. Etant profondément honnête, il sait reconnaître ses erreurs. Nous endurons avec lui l'envahissement du
pays par les Allemands lors de la dernière guerre.
On est ému par ses relations chaleureuses avec sa soeur Tabitha, son ami Jim.
A la fin de sa vie, il a tendance à être passéiste et à considérer que tout ce qui existait dans sa jeunesse était beaucoup mieux. Le modernisme et le tourisme ne trouvent
pas grâce à ses yeux.
Ne soyez pas rebuté par l'épaisseur du livre (600 pages), prenez le large, et rejoignez Ebenezer sur cette ile anglo-normande. Il vous fera prendre conscience du bonheur d'être
vivant.
G.B. Edwards n'a laissé que ce roman, ayant demandé de détruire tous les autres écrits à sa mort. Originaire de Guernesey, il fut professeur de littérature en Angleterre. Sarnia fut
considéré comme une oeuvre de génie par le prix Nobel de littérature William Golding et par Maurice Nadeau qui fit paraître l'édition française.
Extrait : "La Tabby, comme on appelait ma sœur, était mise au lit tôt le dimanche soir, et ma mère se rendait
toute seule au service du soir. Dès qu’elle avait passé le portail, mon père disait : « Viens, fiston, on va faire l’école buissonnière ». Et on allait dans l’appentis derrière, en
prenant la lampe s’il faisait noir. Il y rangeait ses burins, ses marteaux et sa scie, le bois, la colle et la ficelle. C’était durant ces dimanches soirs qu’il m’apprenait à fabriquer des
cerfs-volants. J’ai toujours eu le meilleur cerf-volant de tous ceux que faisaient voler les garçons dans l’Ancresse Common ; et tout le monde savait que c’était le mien, parce qu’il était
couvert avec le papier rose du « Police Budget » et toutes ces femmes égorgées s’envolaient haut dans les airs. Lorsque ma mère rentrait, on était tous les deux de nouveau dans la
maison, assis comme deux anges de chaque côté de la cheminée"...
"Je n'aimais pas les Français, et je je crois que la majorité des gens de Guernesey partageaient ce sentiment. Je les trouvais sales. Ce qui est sûr, c'est que personne n'aurait pu dire que
Fountain Street, Rosemary Steps et tout ce quartier, où la majorité des gens sont français, étaient une partie propre de la ville. J'aimais la "Marseillaise". C'est le seul hymne national que
j'ai aimé entendre pendant la guerre. Il vous donnait envie d'aller vous battre. "God save the King" était une marche funèbre. En tout cas pendant la fête de Victor Hugo, j'ai lié d'amitié avec
un jeune français et ensuite, j'ai trouvé que les Français n'étaient pas si mal que ça, après tout."....
Entrez dans l'univers d'Oskar, un petit garçon de neuf ans, qui a perdu
son père dans les attentats du 11 septembre à New York. Un an après, il découvre une clé dans les affaires de son papa et part à la recherche de la serrure correspondante.
Pendant les vacances d'été,
sur 4 plages différentes (CapBreton, Hyères, Perros-Guirec et Arromanches), nous allons à la rencontre de couples, de célibataires, de familles. L'auteur donne la parole à un personnage
pendant quelques pages et puis c'est un autre qui nous raconte son bonheur, ses désirs ou ses craintes, ses colères ou son ennui, son drame. L'intérêt c'est que toutes ses histoires s'imbriquent
d'une manière incroyable sur une période de trente ans. Que fait-on de sa vie ? Pourquoi ce chemin ? Un choix ou le hasard des rencontres ? Nous nous sentons concernés. N'a-t-on pas
nous aussi vécu ces vacances ? N'avons-nous pas côtoyé cette famille ? N'avons-nous jamais dit "le monde est vraiment petit" ?