54èmeédition de la Biennale de Venise
Elle est considérée comme l'une des plus prestigieuses manifestations artistiques dans le monde et revient tous les deux ans
pendant 6 mois. En 1895, le roi Umberto Ier et Marguerite de Savoie inaugurèrent la première Biennale.
J’ai eu la chance cet été de visiter de nombreux lieux d’expositions d’art contemporain. J’ai donc l’intention de vous indiquer sans
prétention quelques-unes des oeuvres que j'ai pu voir. Dans cet article, je ne vous parlerai que des Giardini et de l'Arsenale. Plus de 80 artistes du monde entier y exposent. Mais dans
tous les lieux d'exposition de Venise, il y a environ 1000 exposants. Nous irons un peu plus tard en retrouver dans des palais extraordinaires.
Lieu : GIARDINI - ILLUMInazioni
C’est le cœur de la Biennale. Il faut être patient et faire la queue pour l’obtention
d’un billet. Il y a environ 2500 à 3000 visiteurs par jour. Comptez 20 euros qui vous permettront d’accéder également à l’Arsenale.
ILLUMInazioni est un hommage aux peintres de la lumière de la Renaissance et plus spécifiquement aux œuvres du Tintoret en reliant celles-ci aux pratiques les plus
innovantes des artistes du monde actuel.
Comme pour les expositions universelles, de nombreux pays possèdent un pavillon. Un commissaire est nommé par chaque gouvernement.
Celui-ci est chargé de gérer et d'inviter l'artiste de son choix.
Pavillon Central
Dans le pavillon central 3 toiles "(la cène", "la translation du corps de Saint Marc" et "la création des animaux" du peintre
vénitien Tintoret. Celles-ci côtoient des oeuvres contemporaines.
Maurizio Cattelan, artiste reconnu depuis fort longtemps.
Pour moi cela fait seulement 3 ans. Ce fut lors d'une exposition d'art contemporain à Dinard. C'était une statue grandeur nature du pape Jean Paul II fauché par une
météorite. Il est provocateur et plein d'humour. Je dois avouer que j'aime beaucoup. Lors de la Biennale, j'aurai l'occasion de voir plusieurs de ses travaux. Dans le pavillon central,
il a décidé de placer au plafond des centaines de pigeons empaillés. A Venise, cela s'impose ! (photo internet)
L'américain Llyn Foulkes n'est pas un perdreau de l'année (je sais, c'est facile !). Il est né dans les années 30
et nous propose, entre autres, les tableaux ci-dessous. Irrévérencieux, lui aussi, il recouvre le visage de George Washington de la tête de Mickey.
l'oeuvre de Nathaniel Mellors m'a fait sourire même si elle m'a semblée inquiétante. Ces deux personnages se parlent,
se tournent l'un vers l'autre. On a l'impression qu'ils sont vivants. les yeux sont expressifs et s'animent au gré de leur conversation. Il paraît que c'est la suite d'un sitcom
comique qui met en scène une famille très excentrique. C'est la version double du même personnage : Le père - reliée par une bande de
cheveux à son "autre". Les têtes en latex prennent vie grâce à l'aide de l'électronique et de logiciels. Sinon pour le dialogue, il semble qu'il soit absurde. Je n'ai pu comprendre la
"conversation".
Dans le pavillon français, c’est Christian Boltanski qui a été choisi. Celui-ci a donné le nom CHANCE
à son oeuvre. Un enfant est choisi par la chance pour le meilleur et pour le pire. Sa vie est encore une page blanche.
Nous pénétrons dans la première pièce, la plus grande : vrombissement des rotatives qui avalent des km de papier. Un long ruban court à grande vitesse à travers l’espace.
Après quelques minutes, une sonnerie retentit et une tête de nouveau-né apparaît sur un ordinateur. Dans la seconde pièce, un compteur avec des chiffres de couleur rouge, qui indiquent le nombre
de morts du jour, dans une troisième un compteur avec des chiffres de couleur verte. Ceux-ci nous donnent le nombre de naissances dans le monde. Chaque jour en moyenne, il y a 200 000
naissances de plus que d’humains à mourir. Enfin dans une autre pièce, les visages de nouveaux nés et de personnes décédés sont divisés en 3 morceaux. Ces morceaux défilent sur un écran à
toute allure et sont alors recomposés pour former presqu’un million et demie d’êtres hybrides. En pressant un bouton, le visiteur interrompt le défilé. Si par chance, un visage avec les 3 morceaux d’un même bébé apparaît, la personne repart avec une œuvre de l’artiste ! (enfin c'est ce que j'ai cru comprendre
!)
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Au centre du pavillon néerlandais, les œuvres de 8 artistes réunis autour d'un thème intitulé Opera
Aperta . On déambule, on se reflète dans des miroirs géants. Un escalier et...
...on se retrouve sur une passerelle au-dessus du miroir. Quelques mots écrits. quelle en
est la signification ? La pièce de théâtre "Qui a peur de Virginia Woolf ?" avait été choisie pour jouer sur le titre de la chanson populaire "Qui a peur du grand méchant loup (Wolf)?"
on retrouve ces lettres dans le miroir. Etait-ce l'énigme ?
Devant le pavillon américain, Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla nous proposent un char
renversé sur lequel de temps en temps, un athlète vient faire son jogging sur un tapis roulant, les chenilles se mettent alors en
activité dans un bruit assourdissant.
A L'intérieur du pavillon américain, ces mêmes artistes ont installé, entre autres, un immense orgue transformé en distributeur de
billets. je n'ai pas osé introduire ma carte bleue... dommage ! car en plus de l'argent récupéré (ce qui était déjà rassurant), j'aurais eu droit à quelques notes de musique. La prochaine fois, mes amis, n'hésitez pas et racontez-moi !
Le pavillon japonais fut un véritable coup de foudre.
Je n'ai pas pris de photos (celles-ci sont "empruntées" à internet). Ce fut merveilleux ! Tabaimo, grâce à un jeu de miroirs
et de dessins animés, nous emmènent dans un monde féérique.
LIEU : ARSENALE
Un peu d’histoire : Ce fut au 16ème siècle, le plus grand chantier naval du
monde. On pouvait construire une galère en 12 heures. L’Europe était admirative devant une telle production. C'est pour cela que son nom d’origine arabe « Dar Sina’ a » a été
adopté dans 14 langues (Arsenale en Italien, Arsenal en français). Ce formidable atelier qui employa jusqu’à 16 000 personnes inspira Dante pour son
7ème cercle de l’enfer dans l’Inferno.
le pavillon italien a fait l'objet de nombreuses polémiques. Je n'ai pas les compétences pour me mêler au débat. J'ai seulement eu du
mal à trouver le fil rouge de toutes ces oeuvres. Il faut cependant avouer que j'étais beaucoup moins réceptive car après les Giardini, la "fatigue artistique" m'avait quelque peu
envahie.
« L’arte non è Cosa Nostra », l’art n’est pas la mafia.
Nous avons droit à une histoire
détaillée de la mafia et des principaux chefs à travers la presse, photos et vidéos. Nous passons devant des cellules et en regardant par l'ouverture, nous nous retrouvons avec un des hommes
importants de cette organisation. Ah ! vous aviez pensé à James Bond !
L'Italie en croix de Gaetano Pesce et un face à face qui n'aura aucune conséquence
!
Ryan Gander "Out of sight"
Le Britannique Ryan Gander a réalisé ces reproductions de Degas et les a placées l'une en face de l'autre.
Je vous quitte sur les quais de l'Arsenale et vous retrouverai dans quelques jours dans un de ces magnifiques palais du Grand
Canal.