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Si vous vous promenez de temps en temps non loin du phare de Saint Valery en Caux, vous verrez certainement ce bateau pneumatique partir en mer et revenir quelques temps après.
Sans doute connaissez-vous le nom du Bombard qui désigne ce canot de survie, équipement maintenant obligatoire pour ceux qui prennent la mer ? Mais connaissez-vous son
créateur ?
Il s'appelle Alain Bombard. Il est médecin à Boulogne-sur-Mer lorsqu' un chalutier fait un naufrage non loin du port et 43 marins périssent sans qu'on connaisse la raison du naufrage.
Bouleversé par ce drame, Il décide d'engager des recherches pour améliorer la survie en mer. Il veut prouver qu’avec un équipement minimum, sans eau ni vivres, un naufragé peut trouver les
ressources pour survivre longuement, à condition que le moral tienne bon. En 1952, à bord de L’Hérétique, un canot pneumatique équipé d’une voile et avec pour tout bagage un
sextant, un filet à plancton et quelques lignes pour pêcher, il quitte les Canaries.
64 jours plus tard, et 35 kg en moins, il accoste à la Barbade, dans les Caraïbes. Il vient de démontrer que le plancton est un aliment riche en vitamine C, que l’eau de mer absorbée
en petite quantité n’est pas un poison, que la récupération de l’eau douce, notamment dans les chairs des poissons, constituait un apport substantiel pour résister à l’épreuve, enfin que l’un des
principaux obstacles à la survie était bien le désespoir.
Pourtant, à son retour, son exploit ne rencontre que l’incrédulité de la communauté des savants et il lui faudra publier le récit des ses aventures (Naufragé volontaire) pour finalement
convaincre de l’utilité de l’expérience.
Mais en 1958 survient un drame. Lors d’un essai en mer de matériel réputé insubmersible, neuf personnes se noient en tentant de passer la barre d'Etel en Bretagne. Lui seul en réchappe. Sa
responsabilité est écartée, mais le choc est terrible. Il s’investit alors dans l’action publique, au service de l’environnement. Il est décédé en 2005.