un carnet, un chemin

Les océans sont en péril. Chacun peut se rendre compte, à son niveau, de l'appauvrissement des fonds marins. Jean-Baptiste de Panafieu, en préambule, de ce très beau livre, nous évoque toutes les menaces qui pèsent telles que surpêche, pollution, aménagement du littoral,  changements climatiques. les avertissements n'ont pas manqué. Il y a deux siècles, Lacépède prophétisait déjà la fin des baleines et des cachalots. L'auteur nous indique cependant quelques raisons d'espérer : certains pays tentent de sauvegarder le milieu marin par la création de réserves sous-marines, la protection du littoral, la limitation de son urbanisation sans oublier les accords internationaux instituant des quotas de pêche.
Quittons le préambule et entrons dans le vif du sujet. Nous allons non seulement plonger avec délice au fond des abysses pour rencontrer des créatures étranges mais  également  nous promener au bord de l'eau à la recherche de coquillages ou de crustacés que nous connaissons tous.

L'auteur consacre 2 pages à chaque mollusque, crustacé, invertébré, poisson ou oiseau sélectionné. Sur la page de droite, une grande photo
Sur la page de gauche, sur le côté les noms populaires, l'anthologie et l'étymologie.  
Dans la partie centrale se mêlent petite et grande histoire (Savez-vous par exemple, que les chinois aiment beaucoup la méduse séchée que l'on peut retrouver dans certains restaurants asiatiques), et enfin systématiquement en-dessous de la partie centrale, un petit paragraphe consacré à la pêche-aquaculture.

Pour que vous vous fassiez une idée un peu plus précise, ouvrons le livre aux pages 116 et 117, nous allons nous intéresser à la Raie Pastenague.
La Pastenague vit dans l'Atlantique nord-est et en Méditerranée sur les fonds sableux et vaseux jusqu'à 100 m de profondeur - Comme les autres raies, elle se cache dans le sédiment - Elle se nourrit de poissons, de crustacés et de mollusques

Noms populaires : Bougnette, coucou, hirondelle, fouleux, tare ronde, terre, ionare, pastinague, vastanaga

Etymologie : les Romains l'appelaient pastinaca mais donnaient aussi ce nom à la carotte ! le lien vient probablement du fait qu'ils s'enfoncent tous les deux dans le sol ; pastinare signifiait creuser avec une houe.

Anthologie : "Aujourd'hui les gaîniers préfèrent se servir de galuchat..... entre le galuchat et le chagrin, il y a, monsieur, toute la différence de l'océan à la terre, du poisson à un quadrupède" Honoré de Balzac - la peau de chagrin

Dans la partie centrale de la page 1, De Panafieu nous explique que la peau de roussette utilisée sous le nom de peau de chagrin pour poncer le bois et l'ivoire devient, à partir du XVIIIème, décorative. Jean-Claude Galuchat, maître gaînier met au point le polissage de la roussette. Ensuite il la tinte. La peau est utilisée pour habilller des meubles, des malles, des boîtes ou des étuis à lunettes. C'est lui qui utilisa une peau à grains arrondis et lisses, qu'il n'était pas nécessaire de poncer. Cette peau appelée galuchat était plus rare et plus coûteuse. Elle provenait d'une raie pastenague du Pacifique. Les grains de la peau sont des dents modifiées. La peau des raies et des requins est en effet couverte d'écailles très particulières. Elles sont constituées d'ivoire et non d'os. La mince couche d'émail qui les recouvre explique sa dureté. Le galuchat se travaille donc comme du cuir et permet la fabrication d'objets de luxe. Après être tombé dans l'oubli, le galuchat est réutilisé dans les années 1930 pour le style Arts déco pour des meubles de grand luxe. C'est encore le cas aujourd'hui avec la fabrication de reliures ou de bijoux.

Pêche-Aquaculture : la Pastenague est pêchée au chalut, mais sa chair est en général peu appréciée.  La Pastenague sephen du Pacifique est également pêchée pour sa chair et pour sa peau qui est utilisée pour recouvrir des objets de luxe et pour la production de bijoux. Cela pourrait menacer sérieusement cette espèce à croissance lente et à faible reproduction.

Mer 4 mar 2009 20 commentaires

Les hommes abiment trop la nature, quelle tristesse...
bon après midi Kate...

le Pierrot - le 04/03/2009 à 16h05
affolant de lirte tout cela, j'ai vu avant hier à la télé, les  200 baleines échouées en Australie

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dgidgi - le 04/03/2009 à 20h59
Bien interessant, merci Kate pour cette " trouvaille"

Led...
Led... - le 04/03/2009 à 21h01
Merci pour cette explication sur le galuchat.
Véro
Vero et Eddy - le 04/03/2009 à 21h34
bonsoir
c'est une vérité qui fait peur mais pas à tout le monde, ce livre doit être intéressant
bonne soirée et bises
doque
sachot - le 04/03/2009 à 21h52
Un livre très complet et qui fourmille d'éléments précis à ce que j'ai lu. Tu fais bien de mettre ce document en évidence.
Bises Kate et à +
Alrisha - le 04/03/2009 à 22h39
Un titre à retenir, un ouvrage qui semble fort interessant, bonne fin de journée Kate
Margotte - le 05/03/2009 à 14h40
Pauvre planète bleue !!!!
ceanothe - le 05/03/2009 à 17h14
les bois flottes sont partout au bord des lacs, des rivieres, de la mer, du puget sound, c'est a cause des exploitations forestieres
avant ils transportaient le bois par les rivieres alors bonjour les degats, il y a des endroits ou tu dois escalader des metres de troncs avant d'atteindre la plage
Il est pas rejouissant ton article, cela promet
bisous Kate
oursonne libre - le 06/03/2009 à 08h21

c'est dans le préambule que De Panafieu met l'accent sur ce qui menace les mers - sinon le reste du livre est consacré à une partie du monde vivant que l'on rencontre dans et au bord de l'eau

Kate
Le jour où les hommes se contenteront du bonheur de voir les choses vivrent autour d'eux, ce sera qu'il n'y a plus grand chose à voir, j'en ai peur ! Bisous de Bretagne, bonne soirée
Bleuceanne - le 07/03/2009 à 19h52